La commande par micro-contrôleur 2

On dit que c’est à la fin de la construction de son logement ou de son bateau (pour prendre un thème qui m’est cher) que l’on sait comment il aurait fallu le construire. Fort de cet adage, je poursuis  mes investigations sur la commande d’un réseau test par micro-contrôleur avant de me lancer dans un projet de plus grande ampleur.

Petit rappel

Les premières étapes de découverte du micro-contrôleur Arduino m’ont conduit a acquérir et tester différents modules. Un des composants importants étant une barrette de relais. Il est apparu qu’il était encombrant, gourmand en énergie et difficile à dépanner en cas de défaut d’un des relais par exemple. Cette barrette nécessitait une alimentation 5 V séparée, car la carte ne pouvait la commander en direct de quoi se faire du souci pour un projet de plus grande ampleur.

Tout sur les premiers pas

Un levier pour le micro-contrôleur

source: arduino103.blogspot.com

Entre-temps, les travaux du Rail Club La Côte et internet m’ont fait découvrir le composant ULN 2803A.

Ce module est équipé de 8 Darlington permettant de faire circuler 500 mA du côté puissance, soit bien assez pour les relais et signaux en 12V dans le domaine du modélisme. 

– Chaque circuit de puissance est équipé d’une diode dite en roue libre.

– Une résistance interne de 2.7 kohms en entrée limite le courant du circuit de commande à moins de 2 mA.

Les relais choisis se contentent de 17mA sur le circuit de puissance (12V). Au niveau traction et en exploitation, il ne devrait y en avoir que 5 qui consomment en même temps dans le projet futur.

Il était temps de passer à une fabrication maison!

Conrad propose une carte avec la possibilité d’insertion d’un connecteur D-SUB 25 pôles aux extrémités. Voilà qui limite le câblage dans le pupitre, d’autant plus que le travail avec un micro-contrôleur limite la logique câblée. A l’avenir, j’imagine une de ces cartes par connecteur arrivant au pupitre, avec, à l’autre extrémité, les câbles partant vers le micro-contrôleur. Les relais et IC sont montés sur socles pour une maintenance plus aisée. Ce choix permet également un contrôle de toutes les liaisons avant de monter les composants.

Un pupitre rudimentaire

Le kit de démarrage arduino contient un affichage LCD de 2 lignes de 16 caractères. Pourquoi ne pas en faire la base d’un pupitre rudimentaire permettant de se passer du PC? Avec cet affichage, les fonctions des 4 boutons du montage initial deviennent dynamiques et sont adaptées à la phase de roulement. L’affichage de base comporte sur la première ligne les états de blocks aux extrémités (réservé sortant à gauche, libre à droite dans le cas présent), l’itinéraire, le sens de marche de la gare, la vitesse et le mode d’exploitation (manoeuvre, exploitation, automatique, distant). Sur la deuxième ligne, sont affichées les fonctions des boutons. A vitesse nulle en dehors des modes “automatique” et “contrôle distant”, les deux boutons de droite deviennent “I” (itinéraire) et “M” (mode) puis s’adaptent en fonction des requêtes du micro-contrôleur, avec par exemple, le choix de la voie lors de la création d’un itinéraire.

Petit bémol: l’affichage LCD et les 4 boutons mobilisent 10 canaux du micro-contrôleur!

Un montage plus compact

Les nouveaux composants sont intégrés au dispositif de gestion du réseau test. Le micro-contrôleur UNO est remplacé par un modèle MEGA (au centre). Le tout est nettement plus compact, même si le montage de l’affichage LCD n’est pas du tout “optimisé”(à gauche)!… Mais cette configuration a le désavantage craint lors des premiers tests: la concentration du câblage aux abords du micro-contrôleur. Une solution devra encore être trouvée avec des choix stratégiques concernant l’utilisation des composants MCP23017 et leur communication en bus qui permet de limiter le câblage. S’il sera probablement utilisé pour les extensions qui dépendront de l’environnement de la gare (blocks selon les normes de clubs par exemple), son utilisation en interne devra être évaluée si le câblage en est simplifié. 

La FZe 6/6 2001 en HOm sous tous les rivets

Un article paru dans dans la Traverse Métrique n°28 d’août 2008

A l’occasion de la dernière séance du samedi de la saison 2007/2008, les participants du club Train-Passion se sont livrés à un comparatif de différents modèles de la FZe 2001 produits à l’échelle HOm. Merci à André, Norbert et Pierre pour la mise à disposition de leurs modèles.

Face côté Zweisimmen. De gauche à droite les modèles Fulgurex, Lemaco, BEMO I et II (Photo Pierre Lauber)

Le matériel à disposition se composait d’un modèle Fulgurex produit en 1983 à 350 exemplaires (390 g à la balance), une des 100 pièces produites par Lemaco en 2001 (356 g) et deux exemplaires de la série produite par Bemo fin 2007 (384 g). En effet, Bemo a procédé à quelques modifications au niveau du masquage des fenêtres depuis les premières machines livrées. D’emblée, la couleur crème tirant sur le vert et le toit foncé de la version Lemaco attirent l’attention. Cette couleur de toiture apparaît effectivement sur des documents des années 90, à une époque où l’immatriculation était DZe 2001 et où les passerelles d’interciculation étaient plus sommaires.

Détails de toitures. De gauche à droite les modèles Lemaco, Fulgurex et BEMO (Photo Pierre Lauber)

En toiture toujours, la version Bemo semble présenter la finition la plus proche de la réalité. Au niveau des pantographes, Bemo et Lemaco présentent des archets doubles, avec une réalisation la plus proche des documents disponibles pour la version Lemaco qui ne relie pas les extrémités des archets. Si cette réalisation est esthétiquement la plus réussie, elle n’est par contre pas fonctionnelle: en position haute le pantographe, comme celui de la Fulgurex (à vérifier svp), a bien du mal à toucher la caténaire du réseau du club!

De face, les lanternes des versions Fulgurex et Lemaco sont mieux finies. Les essuie-glaces de la version Lemaco sont orientés vers le bas comme sur les photos des années 30, la configuration des autres versions est observée sur les documents des années 90.

De côté, les modèles Bemo ont un espace entre caisses de l’ordre de 3-4 mm conforme aux plans disponibles ce qui ne l’empêche pas d’emprunter les courbes du rayon le plus serré de ce fournisseur. La première version de Bemo est la seule à masquer les fenêtres du couloir central par des filets de protection alors que la fenêtre du compartiment bagages n’est pas protégée (on y devine même la voie dans les courbes!), erreurs corrigées par la suite… ne serait-ce que pour être conforme à l’illustration de l’emballage, au détriment d’une visibilité accrue sur la fin du soufflet et de l’électronique. De l’autre côté, Lemaco est le seul à masquer la fenêtre des WC ce qui semble logique. Lemaco présente la réalisation la plus fine des filets derrière les fenêtres.

Côté couloir central. De bas en haut les modèles Fulgurex, Lemaco, BEMO I et II (Photo Agent M)
Côté WC. De bas en haut les modèles BEMO II et I, Lemaco et Fulgurex (Photo Pierre Lauber)

Les inscriptions du modèle Fulgurex sont les plus grossières et ne présentent pas les plaques du constructeur. N’oublions pas que la production de ce modèle date de 25 ans et que les techniques de sérigraphies ont beaucoup évolué. Une mention spéciale pour Bemo qui va jusqu’à reproduire l’ombre sur le sigle MOB.

Eclairage: Les versions Fulgurex et Lemaco présentent 3 feux à l’avant et un feu à l’arrière alors que la version Bemo ne propose que 3 feux à l’avant qui n’apparaissent nettement qu’à tension élevée.

Roulement: Le roulement à basse vitesse sans acoups de la version Bemo est remarquable. Le modèle reste très stable sur le faisceau d’aiguilles. Le modèle Fulgurex souffre de problèmes connus d’alimentation électrique que les amateurs les plus avertis corrigent par quelques modifications. La reproduction sans concessions des modèles Lemaco impose des voies impeccablement posées… sous peine d’accrochages et frottements divers.

Conclusions

Ce comparatif a mis en évidence l’évolution des techniques dans le domaine du modélisme qui permet la réalisation de modèles réduits plus détaillés. Ce dont le modèle Bemo a pleinement profité.

Cet exercice montre aussi les difficultés que doivent rencontrer les fournisseurs pour trouver les documents nécessaires à la définition du modèle réduit, spécialement quand les photographies couleurs n’existaient pas! Chaque modèle présente des différences, faute de sources fiables ou par compromis liés à la technique ou à la fonctionnalité.

Making of!

La découpe laser au service des modélistes

Un article paru dans dans la Traverse Métrique n°40 d’août 2010

Découvert au hasard d’un surf sur internet, un artisan vaudois propose sur son site www.laser-creation.net des bâtiments à l’échelle 1:87 en bois réalisés par découpe laser. Ses produits ont aussi été présentés aux bourses de Monthey et du Bouveret.  Des occasions pour l’agent M de rencontrer Monsieur Huwiler qui lui a ouvert les portes de son atelier.

En fait, le lieu s’apparente plus à un bureau. La machine de découpe est à peine plus grande qu’une imprimante. Elle est reliée à un ordinateur où les plans sont dessinés sur Autocad. Pour simplifier, c’est le niveau de gris associé au trait qui définit la force du laser pour graver ou découper. Sur un grand plan de travail sont déployés les plans d’un bâtiment en préparation et sont montés les prototypes.

Le lancement de Laser-Création

Mécanicien de locomotives, Monsieur Huwiler est aussi passionné de modélisme. Son réseau actuel (le troisième) inspiré de décors suisses est parcouru par des compositions HO et HOm (partiellement à crémaillère) sur 40 m2. Le tout est digitalisé avec le système ZIMO et contrôlé par le programme STP. C’est à l’occasion de constructions pour ce réseau et de démonstrations de fournisseurs qu’il a découvert la découpe laser. Son intérêt pour le dessin technique et le manque de bâtiments typiquement helvétiques pour les modélistes l’incitent, le printemps dernier, à faire l’acquisition d’une machine et à proposer ses kits.

Si les premiers modèles étaient imaginaires (2 chalets et un dépôt HOm), le catalogue s’est enrichi d’une gare et d’une halle marchandise typiques des CFF. Le bâtiment de gare proposé peut être observé au Brassus(ex), Le Sentier, Le Lieu, Le Pont, Arnex, La Sarraz, Charrat, Saxon, Riddes… à quelques modifications de facades près. Pour la voie normale, il est prévu de sortir un modèle plus petit (Burier, La Tour-de-Peilz). Pour les amateurs de voie métrique, le catalogue comprend une halte typique du MGB.

Initialement, ce projet d’article n’avait, pour une fois, aucun lien avec le MOB… cela n’allait pas durer. Alors que j’effectuais mes premiers montages, Monsieur Huwiler développait la gare des Avants dont j’ai pu observer une grande partie du prototype  lors de ma visite le 27 juin dernier. En fait, il s’agissait déjà de la quatrième version…car notre artisan cherche les solutions les plus simples possibles pour le montage, mais aussi pour les phases de ponçage de la partie maçonnerie une fois assemblée ou la peinture des différents éléments. A titre d’exemple, de nombreuses poutres apparentes affleurent en façade entre le rez et le premier niveau. Une pièce, dont l’usinage aurait été bien compliqué sans la technique laser, a été conçue avec une série de peignes pour représenter les poutres. Elle sert de gabarit lors de l’assemblage du rez, avant d’être provisoirement retirée pour un traitement séparé du rez et de la structure en bois des éléments supérieurs. Dans ce kit, les pièces de vitrages sont allongées jusqu’au plancher du niveau pour en faciliter la pose, ainsi il n’y a plus qu’à positionner latéralement les fenêtres au montage. Ce modèle est livrable depuis mi-juillet.

Le prototype de la gare des Avants (Photo Laser-Création,  le 8.7.10)

Pour cet écartement, M. Huwiler prévoit la construction des gares de Rougement et à plus long terme de Chamby.

En dehors du catalogue, il répond aussi à la demande de pièces uniques.

Passons à la pratique

Pour me faire la main, n’étant pas grand bricoleur, j’ai commencé par la cabane du service de la voie puis, content du résultat, ai continué avec le grand chalet de montagne.

Les différents éléments sont livrés en grappe, numérotés et facilement détachables, en MDF de 3 mm pour les éléments de maçonnerie, en bois croisé 1.5 mm pour les composants en madrier gravés sur les deux faces, puisqu’ils s’entrecroisent. Les vitrages sont en plexi prêts à être recouverts des cadres gravés et découpés dans du carton coloré préencollé. Les éléments complémentaires (pierres d’angles, volets…) sont réalisés en carton ou bois fin préencollés. La technique laser permet des découpes d’une finesse remarquable comme les persiennes dans les volets. Les toitures sont réalisées en résine dans des moules “maison” et découpées. Une notice de montage et un tube de colle cyano accompagnent chaque kit (un CD est prévu pour celui de la gare des Avants).

La cabane du service de la voie. La structure en madrier et les détails de la porte sont gravés (Photo Agent M , le 3.6.10)

La cabane du service de la voie n’est constituée que d’une structure légère en bois. Les composants ont été traités, comme dans la réalité, au glacis pour boiseries alors qu’ils étaient encore en grappe. C’est bien plus simple que de patiner du plastique pour lui donner un rendu de bois.

Les portes et fenêtres son préparés en posant les cadres préencollés sur les vitres en plexi. Cette astuce permet une bonne application et d’éviter les taches de colle malgré des pièces très étroites. 

Les façades s’entrecroisent avec un jeu minimum depuis que les plaques sont calibrées. Par sécurité, une goutte de colle est déposée dans chaque coin.

La charpente est très détaillée avec de nombreux chevrons. Pour le souvenir, il vaut mieux immortaliser l’instant avant de faire disparaître l’essentiel de ce travail sous  le toit. Pour ma part, j’ai customisé le toit avec de la peinture et une bande de faîte, n’étant pas assez habile ou patient pour ajuster les deux pans, même en ayant préalablement chanfreiné les bords.

La partie supérieure du chalet est réalisée selon la même méthode, si ce n’est que j’ai choisi de traiter le bois et coller les fenêtres après le montage de la structure principale. Les volets et cadres extérieurs sont préencollés. Des gabarits s’ajustent aux embrasures pour les positionner avec précision.

Pour la partie inférieure, les pièces en MDF s’emboîtent par des découpes dans les angles. Pour les bases rectangulaires, il est possible de maintenir les éléments avec un élastique et de déposer quelques gouttes de colle à l’intérieur de la construction. Le résultat est ensuite poncé puis peint. Petite astuce du fournisseur, passer un coup de rouleau mousse pour donner un aspect rugueux (… comme pour les routes au stradal). On peut ensuite monter les portes et fenêtres.

Le grand chalet avec un partie des chevrons posés (Photo Agent M, le 11.7.10)

J’ai beaucoup apprécié de construire ce genre de bâtiment en bois. La technique laser permet de produire des pièces compliquées qui simplifient le montage et de graver avec finesse les façades, portes et volets. Mentionnons encore que Laser-Création c’est aussi des murs en résine, des entrées de tunnel, la création d’arbres et des compétences de digitalisation de réseaux. Des activités à découvrir à l’adresse indiquée en introduction.

Le grand chalet terminé

La commande par micro-contrôleur

Un intérêt pour le modélisme ferroviaire et l’informatique m’ont poussé à découvrir le pilotage de réseau à l’aide d’un micro-contrôleur arduino. Cette approche devrait permettre de remplacer la laborieuse logique câblée par relais et contacts divers par du logiciel pouvant évoluer ainsi que la création d’un synoptique informatique plutôt qu’un pupitre figé.

Voici un lien vers un site mariant modélisme et arduino: https://www.locoduino.org

Les premiers pas

Le fournisseur propose un  kit de démarrage bien documenté avec une carte Arduino Uno et divers composants qui m’a bien occupé ce printemps au premier “confinement”. La carte dispose de 14 entrées/sorties numériques, 6 entrées analogiques et d’un espace mémoire de 32 kB pour le programme. Le programme est préparé sur MAC ou PC et transmis à la carte par le port USB. Le langage de programmation IDE est un mélange de C et C++. Les exemples fournis permettent de progresser rapidement. 

De ces exemples, un premier exercice ferroviaire est entrepris, la définition de position d’aiguilles (LEDs) à partir d’actions sur les boutons. Cela ne remplace qu’une carte à diodes…mais ouvre la porte à un contrôle depuis un PC

C’est également l’occasion d’exercer la programmation objet. Une approche qui permet de structurer des opérations répétitives et gérer nominativement des données. 

  • Chaque aiguille doit avoir un port attribué sur la carte arduino ou une extension
  • La position doit pouvoir être connue et la consigne attribuée
  • Chaque aiguille doit être configurée (configuration du port et position initiale) à la mise sous tension (Setup)
  • La position de chaque aiguille doit être adaptée selon l’itinéraire choisi. De plus pour éviter les surcharges, les aiguilles sont manoeuvrées avec un délai entre elles (T_action)
  • A terme, la position des aiguilles devra être validée par les fins de courses

Chaque classe d’objets contient des données privées (utilisables par la classe seulement) ou publiques (utilisables par tout le programme) et des routines spécifiques.

Dans la phase dite de de construction, les aiguilles sont créées avec leurs paramètres (noms pour la communication avec le PC, et le port de commande):

Aiguille AiguO1(“O1”,0);

Aiguille AiguO1(“E3”,1);

puis utilisés dans le programme principal (loop):

Lors de l’établissement de l’itinéraire la consigne Droite est attribuée à l’aiguille E3.

AiguE3.Consigne=’D’;

Plus loin, la procédure de contrôle de la position de l’aiguille est lancée.

AiguE3.Adapte();

 Pour ce qui est de la commande d’un moteur, j’opte directement pour le module  MotoDriver2 proposé par Conrad. Il permet le contrôle de deux moteurs. Chaque moteur est commandé par 2 ports analogiques de la carte (un par sens de marche… attention lors de la programmation)

La routine principale de la classe traction adapte la vitesse avec rampes d’accélération ou de freinage de l’objet en fonction de la consigne et d’une éventuelle urgence (sans rampe!), actionne les ports de la carte arduino et communique au PC les changements par le port série.

Prise en charge d’un block

Une des finalités du développement sera de traiter les signaux provenant de blocks voisins de clubs avec leurs spécificités de câblage.

  • Etats des blocks à afficher pour les prises de décisions de l’opérateur. 
  • Envoi des quittances (entrée/sortie du block) et des demandes.

L’isolement restant de mise, une nouvelle simulation est lancée selon l’illustration ci-dessous. Le micro-contrôleur analyse la platine transformée en block sur un ovale reliant les extrémités de la gare (faute de réseau, des boutons simulant les cellules sont ajoutés aux extrémités). Il se comporte également comme traitant à chaque extrémité de la gare les informations du block… de quoi lui infliger des troubles de la personnalité! Ce test a aussi pour objectif de progresser dans la communication entre le micro-contrôleur et le PC sur lequel tourne un programme de synoptique développé sur Processing.

En résumé: un block peut être libre, réservé ou verrouillé. Quand les états sont verrouillés et réservés, les signaux sont complétés (plus ou moins clairement selon les spécificités du câblage entre gare et block voisin!) par un sens de marche… qui se transforme en entrant ou sortant selon l’extrémité de la gare.

Dans l’illustration, l’opérateur a créé un itinéraire de 2 à gauche, le vert sortie a déclenché la réservation sortante du block. Le block sur la platine est réservé de gauche à droite, et à droite de la gare s’affiche un block réservé entrant. Le passage du convoi sur la cellule verrouillera le block. Mais cette étape pourrait être dictée par un autre critère du micro-contrôleur et transformé en signal correspondant au passage sur la cellule dans l’interface avec le block.

Puis l’été est arrivé!

Une étape plus concrète:

Avec le retour de l’hiver et d’une nouvelle limitation des contacts, de nouveaux objectifs plus concrets sont posés pour la découverte de ce micro-contrôleur: Le pilotage automatique d’une gare de croisement. Cela pourrait être les voies 2 et 3 de la gare de Saanen en cours de construction (plan de voies début des années 2000).

Au niveau matériel, le réseau est constitué de voies tillig, un système qui me semble idéal pour un réseau temporaire de test et qui me rappelle le premier montage “provisoire” en voie C sur la table de la salle à manger familiale! De plus, les éclisses isolantes noires permettent de bien identifier les secteurs. L’absence de stock d’éclisses de raccordement me permet de m’exercer à la soudure sur rail et de bien visualiser les raccordements!!!

En bas, à gauche, en jaune, le kit de démarrage. Sa platine laboratoire sert dans ce test à contrôler le démarrage de la locomotive active (GO, STOP) puis à régler sa vitesse de consigne (+ et -)…tel le passage de touches qui ne me fait pas regretter l’installation d’un potentiomètre. Ce qui n’aurait pas de sens, la demande de puissance des locomotives pouvant être très différentes en réseau ouvert, oublier le potentiomètre en position élevée quand une locomotive moins gourmande arrive peut mener à une catastrophe. Je préfère choisir une vitesse de base avec possibilité de correction!

En bas à droite, le module de traction (la pile et le moteur ne sont plus utilisés, restes des tests du module de traction). Alimenté en 12V, il fournit également du 5V à une partie des composants. A terme, il permet de commander deux moteurs… ou deux itinéraires pour rester dans le monde ferroviaire.

En haut à gauche, les modules de détection d’occupation des voies, car dans tout automatisme, il faut mesurer pour réagir. Ces modules permettent de se passer d’aimants sous les machines déclenchant des contacts Reed sur le réseau ou de capteurs optiques à cacher.

En haut à droite, un module de 8 relais. Pour ce test, j’y commande les deux aiguilles et l’alimentation des 4 segments de voies (les deux voies de croisement et les deux voies d’accès). Les sorties de la carte ou d’un module a donnent directement les ordres aux relais via une séparation galvanique. ATTENTION: L’alimentation de la carte Arduino ne suffit pas pour alimenter l’étage de puissance des relais.

Au milieu, deux modules d’extension MCP 23017 qui permettent en théorie de gérer 16 entrées-sorties chacun (On pourrait aller jusqu’à 8 modules). En plus de l’augmentation du nombre d’entrées/sorties, l’intérêt de ces modules et de limiter la concentration du câblage autour de la carte. car ils ne sont reliés à cette dernière que par deux fils de communication, une masse commune et, si l’alimentation le permet, une seule alimentation.

Le composant dispose de 28 broches. Les broches 1 à 8 et 21 à 28 sont les entrées/sorties configurables.

Le composant est équipé de résistances internes Pull-Up de 100kOhms activables à la configuration de qui permet de câbler simplement les entrées.

Les autres branchements indispensables sont: 

# 12 sur la broche Analog 5 de la carte arduino

#13 sur la broche Analog 4 de la carte arduino

Ces deux branchements servent à la communication selon I2C

#9 au +5V local

#10 à la masse commune

#18 au +5V local

# 15, 16 et 17 servent à définir l’adresse du module (de 0 à 7)

Expérience faite, je recommande de brancher une LED de contrôle avec une résistance en série sur une des sorties et de la faire clignoter dans le programme pour contrôler le fonctionnement du module. Si elle ne clignote pas, le module est en carafe. Dans mon cas, cela générait des erreurs de détection incompréhensibles. Si j’avais installé cette LED dès le début, je me serais posé moins de questions! Cela était dû à une alimentation insuffisante ou instable.

Le programme:

Le processus suivant est retenu: Le premier train vient de l’ouest et rentre en voie 2, le plus proche du bâtiment. Chaque étape définit un itinéraire (positions aiguilles et tronçons alimentés) et un sens de marche. L’étape 4 ramène à la situation 1.

Pour la programmation, deux nouvelles classes d’objets sont créées.

Les capteurs:

Chaque capteur se voit attribuer un port de lecture et mémorise un état. Sa routine importante est la mise à jour de l’état. Si l’état passe à 1, un délai est pris en compte pour admettre un passage à 0 pour éviter des parasites. Un changement d’état peut être transmis au PC si nécessaire (en l’état, passé en commentaire pour ne pas surcharger le port série)

Attention: la mesure est valide pour autant que de la tension soit présente sur le tronçon de voie. En amont de l’appel à la mise à jour de l’état, il faudra s’en assurer. 

En programmation objet, il y a des notions d’héritage… mais je ne me suis pas lancé!

Les segments:

Chaque segment se voit attribuer un port d’écriture (action du relais), mémorise un état (alimenté ou non), une occupation, et mémorise la consigne de vitesse de la locomotive l’occupant (bonus d’un réseau fermé). Il est ainsi possible de recharger la vitesse de consigne de base pour son redémarrage.

Une routine importante est le calcul de la vitesse de consigne en fonction des capteurs lui ordonnant une réduction de vitesse ou l’arrêt. Cette routine met également à jour la variable globale Adestination pour la suite du cycle.

Dans le programme principal (loop), la gestion des mouvements se résume à appeler cette routine avec les bons capteurs:

Par exemple, pour la voie 2 de droite à gauche en provenance de l’est (indiquant que la voie 2 est une destination), le capteur de réduction est le 22, celui d’arrêt le 21 et inversement de gauche à droite depuis le secteur Ouest: Le capteur de réduction de vitesse est le 21, celui pour l’arrêt est le 22.

Le comportement à destination, ainsi que la détermination de la phase initiale à la mise sous tension de la carte, aurait pu se résumer à une démarche du genre ci-dessous, mais du code complémentaire a été ajouté pour contrôler que la prochaine destination est bien “indiquée comme libre” suite à des défauts du module MCP mesurant les détections. Je vous en épargne!

A noter que dans la phase initiale, il suffit de donner un minimum de tension (sans mettre en mouvements les locomotives) sur tous les segments pour que la détection fonctionne normalement pour déterminer les occupations de voies.

Mise en garde: je me suis servi à plusieurs reprises de la commande delay(x) ou x est un temps d’attente en millisecondes, pour espacer l’action sur les relais par exemple alors que les convois sont arrêtés. Cette commande interrompt le programme pendant cette durée. Elle est à proscrire en réseau ouvert où d’autres événements peuvent être à détecter, sur les blocks par exemple.

Et maintenant?

Ce test reste très théorique, il me permet de dégourdir les bogies de matériel resté longtemps à l’arrêt!… et d’en tirer quelques enseignements.

Le choix de la détection par les voies et la mise sous tension de l’itinéraire complet permet des doubles-tractions sans patinage de la deuxième machine et d’arrêter correctement une voiture-pilote éclairée en pousse.

Attention à prévoir des outils de dépannage dans les montages (LEDs de contrôle par exemple)

Attention aux alimentations. La capacité de la carte est limitée.

Dans un réseau ouvert, il faudra tenir compte de l’état des blocks voisins pour déterminer les étapes du cycle.

Dans l’intervalle, je vais travailler sur l’interface avec le PC développé sur Processing pour des commandes plus “manuelles”.